Day 25 – Breath

Un souffle suffit…
…pour secouer le château des cartes de la vie.
Journée éprouvante, à un mois de mes premiers concours.
La fatigue nerveuse et physique commence à se faire sentir.

Ce soir, j’ai voulu jouer mes morceaux à ma mère.
Ma déception a été à la hauteur de ma confiance lorsque j’ai dû faire face à la réalité de mon angoisse. Celle de la performance.

Je n’ai pas pu finir le premier mouvement du concerto de Bruch.
D’abord les doigts qui s’emmêlent, puis des problèmes de mémoire.
Pourtant aujourd’hui même, je me suis prouvé que j’étais capable de le faire.

Je suppose qu’il y a un palier entre « pouvoir », et « savoir », jouer une pièce.
More work required. Will do, will do.

Day 23 – Hopes & Dreams

Le soleil succède à la pluie, dans le cycle éternel des altérations accidentelles de la vie, qui se résolvent dans l’harmonie du temps.

Après un Lundi difficile, voilà que je baigne dans une énergie nouvelle.
À chaque jour sa victoire, et aussi pénible que fut la journée d’hier, je l’ai clôturée en jouant mes deux morceaux par cœur.

Il est terrible de constater à quel point la quête de perfectionnement est une épreuve de mental autant que de physique. À chaque instant, je suis amené à me remettre en question, à me demander si je suis comme il faut, si j’arriverai jamais à trouver la bonne position, à muscler mes doigts, et jouer détendu.
La confiance est clef. Croire en l’idée que tout va aller de mieux en mieux, se saisir de l’impression que l’on est fait pour ça, que dans un futur plus ou moins lointain, nous serons l’idole qui nous fait rêver au présent.

Et qu’il y a au fond de nous la patience, la force, et l’endurance pour aller au bout de ce voyage, et plus loin encore.

Day 17 – It’s like having a job

L’Art, c’est comme la Sagesse.
Il y a un temps pour la méditation, et puis il y a tout le reste.
Changer mes horaires m’aura permis de réaliser mon implication réelle en temps, durant une journée. Car il y a les minutes que je passe le violon entre les mains, et il y a toutes les autres durant lesquelles je me prépare, me repose, me renseigne, tout ce temps que je ne peux vouer à autre chose, car il me faudra bientôt commencer, reprendre, etc.

En réalité, je passe plus de six heures par jour, concentré sur mon instrument.
Je me lève aux alentours de neuf heures et déjà, je me prépare mentalement.
Quelques minutes plus tard, lorsque j’ai le ventre plein, un verre de jus d’orange rempli, je me prépare physiquement. Relaxation, étirements, échauffements.
Le moment est venu de travailler. Je me suis fixé une durée-objectif, avant de manger à nouveau. Qu’importe si je prends de courtes pauses, je n’ai pas le temps de me lancer dans quoique ce soit d’autre.

Le déjeuner passe, j’ai pu me changer un peu les idées et apprécier une heure de détente.

Et je reprends. Encore quelques heures, j’arrêterai lorsque la soirée sera déjà bien avancée.

Au final, ce programme m’occupe de 44 à 50 heures par semaines, dont une trentaine passées à jouer. C’est bien plus que ce dont je me sentais capable.
C’est presque comme… avoir un métier. Presque.

Sourire. Il est temps de reprendre.
🙂

Day 15 -Every cycle is a new one

Même le plus glacial des vents nous rapproche plus vite de la terre ferme qu’un léger rayon de soleil.

Contre-temps, en ce premier matin d’août, j’ai dû interrompre mon organisation pour aller faire les courses, ne pouvant plus me concentrer et manquant d’énergie pour commencer la journée.
Dépité d’avoir une fois de plus été obligé de chambouler mes horaires, j’en profite pour réfléchir à ces deux premières semaines avec un peu de recul.

J’ai définitivement progressé, on m’en a fait la remarque, mon touché est incomparablement meilleur qu’avant, mon aisance, également.
Néanmoins, je ne suis pas satisfait des progrès que je réalise sur mes morceaux.

Jusqu’à maintenant, je divisais ma journée en 2, entre le matin et l’après-midi.
3 heures – 3 heures, les premières passées à me détendre, faire des exercices de respiration, des gammes, des études et exercices sur l’instrument; les suivantes, à travailler mon morceau, 2/3 de concerto, 1/3 de gigue.

Or, j’ai le sentiment de passer trop de temps sur la première partie, allant parfois jusqu’à m’ennuyer, alors que la deuxième partie, plus importante, ne progresse pas assez.
De plus, je n’aime pas courir le matin, me sentir contraint à pratiquer 3 heures avant de manger m’oblige à enchainer sans trop me donner le temps de me mettre dedans.

Je pense donc changer dans les jours qui suivent pour une division 2h – 4h, et voir ce qu’il advient. Je me force encore un peu, et suis facilement distrait, mais je sens que peu à peu, l’habitude vient;
L’idée que je ne suis plus disponible dans la journée, que j’occupe mon temps de manière productive est assez nouvelle, et déconcertante, autant qu’intensément, et agréablement positive.